SCOLOPENDRA CINGULATA (Latreille, 1789)

Répartition :

On la trouve dans toute la Région méditerranéenne : au nord, jusqu'en Autriche orientale et à Avignon.

Habitus :

Très grand Chilopode muni de volumineuses forcipules. Sa tête et son corps sont déprimés, de coloration brun jaunâtre, olivâtre ou jaune avec des bandes transversales brunes. La Scolopendre annelée atteint 150 mm de longueur, on nous en a signalé des spécimens qui auraient atteint la taille de 200mm.

Mœurs et biotope :

Son activité est nocturne, elle passe ses journées cachées dans des galeries qu'elle creuse sous les pierres. Ses galeries lui permettent d'accéder à des zones plus humides ce qui lui permet de palier au manque d'humidité des régions arides dans lesquelles on peut le rencontrer. Elle se nourrit principalement d'insectes, comme les criquets, sauterelles, larves de coléoptères, rarement de cloportes. D'octobre à mars elle hiverne au fond de son terrier.

Reproduction, ponte et développement :

Les sexes sont séparés, ils sont aussi très difficiles à reconnaître, la femelle est plus grande et plus massive que le mâle

 

 

La parade nuptiale est très longue, plusieurs semaines, elle consiste en enlacement et toucher antennaires.
La fécondation des scolopendres est externe comme pour les scorpions, elle s'effectue à grâce à un spermatophore, le mâle dirige la femelle sur ce spermatophore qui est absorbé par l'appareil génital externe de la femelle.
Celle ci possède une spermathèque et les ovocytes sont fécondés lors de leur passage dans la spermathèque, comme pour les araignées. La ponte a lieu à environ un mois après l'accouplement, il y a une moyenne de 25 oeufs par ponte.
L'incubation dure 18 jours, pendant ce temps, la femelle ne s'alimente pas.
Les œufs sont protégés par la femelle qui les lèche souvent car sa salive contient un fongicide qui permet de détruire les éventuelles moisissures.
La femelle continue à s'occuper des jeunes jusqu'à ce qu'ils puissent se débrouiller tous seuls, il arrive assez souvent que la femelle meure après avoir élevé ses jeunes, le cadavre de la mère peut même servir de nourriture aux jeunes scolopendres.

Remarque :

La Scolopendra cingulata est en voie de raréfaction dans de nombreux endroits de la France méridionale en raison de prélèvements abusifs, des incendies et de l'épandage d'insecticides employés pour la démoustication.

Jean Jacques Pérès