SCOLOPENDRA GIGANTEA (Linné, 1758)

Photo : Etienne Iorio

Répartition :

Brésil, Bolivie, Venezuela, Trinidad, Jamaïque….dans la forêt tropicale humide.

Habitus :


C’est la plus grande Espèce de Scolopendre connue à ce jour. Sa taille atteint fréquemment 30 cm, et les spécimens âgés atteignent jusque 40 cm. Sa coloration va du brun-olive au brun-rouge sur les tergites ; les sternites sont souvent un peu plus clairs. Les pattes sont généralement jaunes. Les antennes comprennent 17 articles. Cette Espèce est facilement reconnaissable. Il existerait une Sous-espèce nommée Scolopendra gigantea robusta ; la différence entre les 2 est peu évidente à réaliser sur des individus vivants, car les différences se situent au niveau de la spinulation des préfémurs des pattes terminales, entre autres détails morphologiques.

 

DangerositE :

Comme sa taille imposante le laisse supposer, cette Espèce apparaît comme très dangereuse. Sa morsure est de plus extrêmement douloureuse et peut causer des complications assez importantes (effets nécrosants, vertiges voir malaises, entre autres). Elle essaie de plus fréquemment (pour ne pas dire toutes les nuits, suivant les individus !) de s’évader en s’attaquant aux grilles d’aérations ou autres jointures de silicone à l’aide de ses forcipules très massives. Si le verre est trop fin, elle peut même parvenir à le briser. Le bac devra donc être d’une solidité et herméticité à toute épreuve. Il paraît inutile de dire que cette Espèce est fortement déconseillée à quelqu’un qui ne connaît pas parfaitement ces animaux et leurs réactions.

Scolopendra gigentea juvénile

Ethologie :

Dans son milieu naturel, cet Arthropode imposant se nourrit d’un éventail de proies assez larges : insectes en tous genres, araignées de grandes tailles y compris les Theraphosidés, scorpions, petits vertébrés comme les lézards, de petits rongeurs, etc…. Rares sont les prédateurs de cette Espèce.
En captivité, un régime à base de grillons de diverses tailles pour les juvéniles, et pour les individus déjà grands, de grandes blattes comme par exemple les Blabera fusca adultes, convient très bien.
Cette Espèce se cache en général assez peu en captivité.
Les jeunes mesurent déjà 3 cm à leur émancipation (lorsqu’ils quittent la mère, 3 semaines environ après l’éclosion). La durée de gestation exacte est méconnue, mais elle atteint probablement plusieurs mois. L’incubation des œufs dure 3 à 4 semaines. Tout comme S. cingulata, la femelle de cette Espèce peut parfois se laisser mourir lorsque les jeunes ont atteint le stade adolescens III (le stade où les jeunes deviennent autonomes), et se faire dévorer par eux. La croissance est très longue, les exuviations étant assez espacées, même aux premiers stades. Au bout d’un an, le juvénile atteint environ 5 à 6 cm. Cela varie d’un individu à l’autre. Aux premiers mois de leur existence, on peut constater qu’ils ont un aspect assez différent de l’adulte, clair et même légèrement bleuté sur les dernières paires de pattes ; cette différence s’estompe au fil des mues.

 

Etienne Iorio