SCOPLOPENDRA HEROS CASTANEICEPS (H.C. Wood 1861)

 

Répartition :

Est du Nouveau-Mexique, Arkansas, Ouest de la Floride, Georgie, dans des milieux plutôt arides.

Habitus :

Cette Scolopendre, adulte, peut dépasser les 20 cm; j'ai moi-même observé des spécimens de 22 cm. La tête, le segment forcipulaire et le 1er tergite sont rouges, tout le reste du tronc bleu-noir, parfois brun très foncé mêlé de bleu; les pattes sont jaunes sauf les P. 21 qui sont de la même couleur que le tronc. Les tarses et métatarses des P. 21 ont en général une couleur brun-rouge.

Mœurs et biotope :

Ce centipède provient de milieu semi désertique voire désertique, tout comme les 2 autres sous-espèces, S. heros heros et S. heros arizonensis; elle s'enfouit sous les grandes pierres à la recherche d'humidité.
Elle est nocturne, cependant elle paraît s'acclimater d'une certaine luminosité en captivité et on peut parfois l'observer de journée. L'idéal est de lui laisser l'alternance régulière de lumière naturelle. La température devra être de 26-28 C la journée, et peut descendre à 20 C la nuit. Même si le bac de cette espèce sera moins humide que la plupart des espèces qui proviennent de milieux humides, il est impératif d'humidifier au moins une partie proche de la cachette, et de disposer malgré tout une petite réserve d'eau dans un coin du bac. Le reste du substrat, constitué d'un mélange de tourbe blonde ou terreau stérilisé et de sable, sera sec.
Dans son milieu naturel, la Scolopendre s'attaque à toutes sortes de proies à sa taille: insectes, araignées, petits scorpions, lézards...

Reproduction, ponte et développement :

La reproduction n'est pas évidente, les adultes étant difficiles à sexer à l'oeil nu; l'observateur averti peut déceler les femelles mais de façon incertaine par rapport à leur taille et leur aspect général plus massif. Le sexage n'est déterminable avec certitude que sous loupe binoculaire, sur animal en alcool (dissection nécessaire), mais cette méthode s'avère donc inutile pour la procréation. A ma connaissance, il n'existe aucune étude réussie du cycle complet de cette espèce. Il existe cependant quelques notes d'élevage relatant la ponte et le soin aux jeunes de mères acquises déjà gravides.
Les jeunes, s'ils ont étés abondamment nourris, auront tendance à se cacher pendant une période plus ou moins longue qui précèdera souvent la mue. Cela peut durer plusieurs mois. La croissance est lente, plusieurs années pour passer des premiers stades à l'individu mature.

Entre la ponte et l'éclosion des oeufs se passent 15 jours. Les jeunes mesurent alors 15 mm et sont
blanchâtres et dépigmentés et peu mobiles (le premier stade "adolescens"). 20 jours après seulement ils deviennent
autonomes, mais restent encore avec la mère sous la souche. Je les ai séparé à ce moment par sureté. Il y en a 19. Ils sont
identiques à l'adulte, en taille miniature (entre 25 et 30 mm) . La mère, qui s'est beaucoup occupée de ses jeunes à la
manière de S. cingulata, est très affaiblie pour attrapée des proies vives; elle est donc nourrie avec une blatte B. fusca blessée
qu'elle accepte. La gestation totale entre l'accouplement et la ponte est de plus de 9 mois et demi! La Scolo a également
effectuée une mue entretemps ce qui n'interromp pas le processus (la fécondation étant directe et immédiate et non au
moment de la ponte comme les Mygalomorphes par exemple, qui sont pourvus de spermathèques).
Les juvéniles se nourrissent de micros-grillons qu'ils acceptent bien, quelques jours après avoir été isolés.

Etienne Iorio