ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE

 


Le plan d'organisation est typiquement arthropodien.

Alimentation, digestion


Les Diplopodes sont surtout végétariens. On en a vu cependant ingérer des tissus animaux vivants ou frais, des cadavres de petits mammifères, des excréments. En absorbant des matières organiques en décomposition, ils peuvent jouer un rôle d'agent de dissémination de parasites par exemple. Détritivores ou saprophages, ils interviennent directement dans le processus de décomposition, le renouvellement de la matière organique et le recyclage de certains éléments minéraux dans le sol. Leur rôle est important comme transformateurs de la matière organique végétale surtout dans les premières étapes de la décomposition.
Les aliments sont déchiquetés en lanières et humectés par les sécrétions des glandes salivaires. La digestion s'opère dans l'intestin moyen qui est, en outre, la seule région absorbante du tube digestif. Les résidus sont abondants, mélangés à des particules minérales. Les déjections sont utilisées par quelques espèces dans la construction des nids de ponte et de mue.
Les Chilopodes sont des carnivores et jouent un rôle dans la régulation des populations (Collemboles par exemple). Les proies sont tuées par le venin injecté par les forcipules. Les Géophilomorphes se lovent autour de leur proie pour l'immobiliser, alors que les Scolopendromorphes utilisent à cet effet leurs pattes postérieures différenciées en pattes ravisseuses.
Une espèce de membrane enveloppe les résidus de la digestion. C'est une sorte de gelée, dont la consistance croît d'avant en arrière chez Lithobius .
Les Pauropodes se nourrissent de substances fluides; ils ne peuvent que sucer ou piquer; ils doivent aspirer les sucs végétaux. La paroi de l'intestin moyen présente des cellules à ferments et des cellules absorbantes. L'absorption s'effectue comme chez les Arachnides. Le liquide absorbé subit des transformations chimiques qui aboutissent à la séparation des produits assimilables et des produits de déchets; ces derniers sont rejetés dans l'intestin.

Excrétion


L'excrétion s'effectue au niveau des reins ouverts (labiaux, Malpighi) et des reins fermés. Les cellules des tubes de Malpighi ont un pouvoir oxydant, ce qui est une exception dans le règne animal.
20 à 40 p. 100 de l'azote total excrété par les myriapodes pendant vingt-quatre heures est rejeté sous forme d'ammoniaque.

Respiration, circulation


Les Myriapodes respirent généralement par des trachées. Le système trachéen est pratiquement inexistant chez les Symphyles où la respiration cutanée est très poussée; elle est même exclusive chez les larves dont les stigmates céphaliques, seuls orifices respiratoires, sont fermés. Le faible développement des trachées est, sans doute, l'une des causes de l'hygrophilie des Symphyles, puisque seul l'oxygène dissous peut traverser la paroi de l'organe respiratoire. Chez les Diplopodes et les Chilopodes, les stigmates (pairs) se situent soit sur chaque paire de pattes, soit dans les pleures. Les trachées se terminent par des trachéoles en cul-de-sac logées dans le cytoplasme des cellules trachéolaires.
Les Scutigères (Chilopodes) ont un appareil respiratoire composé d'un grand nombre de trachées libres rassemblées en deux lobes baignant dans une lacune sanguine et débouchant dans une chambre respiratoire impaire. Les passages intermittents du sang (systole-diastole) dans les espaces intertrachéens correspondent à une inspiration et une expiration. Chez les autres Myriapodes sans mouvements respiratoires, ce sont les pulsations du cœur (90 à 200 par minute chez Scutigera , 44 chez Strongylosoma ), le mouvement des muscles, etc., qui favorisent la ventilation trachéenne.
Chez les Diplopodes, la consommation d'oxygène est variable suivant les espèces, les saisons, l'activité et la nutrition, mais elle reste sensiblement égale pour les deux sexes d'une même espèce; elle diminue pendant la période d'intermue. L'oxygène consommé varie également avec le poids. Le quotient respiratoire le plus bas s'observe pendant la mue; on a attribué ce phénomène à la fixation du gaz carbonique et à son accumulation dans le tégument sous forme de carbonate de calcium.
Le système circulatoire est classique, avec un cœur dorsal, organe hématopoïétique, un péricarde, des lacunes sanguines autour de la chaîne nerveuse ventrale, des artères, etc. Chez Scutigère, il existe deux ampoules pulsatiles en avant du cœur. L'humidité, et non la nutrition, influe sur la masse sanguine et le nombre des globules, parmi lesquels il existe des éléments phagocytaires.

Jean-Jacques Pérès